Cathulu

Critique de livre, humeurs...

24 novembre 2006

On entendrait rire la poussière ...

Rendue complètement "hors de toute réalité" par la mort de son époux, l'héroïne de J'ai nom silence a perdu tout ce qui la rattachait à la société: domicile et relations avec les autres.Même les mots lui font défaut. Les mots qu'elle aimait lire et polir puisqu'elle était poète .9782070307647
Elle va connaître un temps "la vie de la rue" avant de se réfugier à la campagne dans une maison rattachée à son mari.Là, elle va construire son "nid", bataillant avec les  plantes et apprivoisant la nature et les souvenirs d'enfance du père de son enfant. Seule lueur  en effet dans cette anesthésie des sens et des pensées, sa fille de 5 ans provisoirement confiée à une institution.
Bon là, je sais, tout semble désespérant , mais pas du tout. On sent la narratrice  âpre et écorchée mais portée par une vitalité presque animale (voir la scène avec le notaire peu scrupuleux...) dans son désir de récupérer sa fille et c'est ce qui va la sauver.
Isabelle jarry décrit avec précision notre société de consommation inhumaine et stérile, elle revendique avec force une place pour l'art . Sa langue est âpre et précise, d'une grande limpidité.
Un roman court, magnifique et sorti en format poche et vous n'avez pas encore noté ses références ? Je ne vous crois pas  ! :)

La critique de Clarabel

Posté par Cathulu à 06:01 - romans français - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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