Cathulu

Critique de livre, humeurs...

26/02/07

L'Austenite gagne; le Pelletierisme aussi...

Au tout début de Tirez sur le caviste,le  narrateur tue sa femme  qui a raté une fois de  trop le céléri rémoulade. Ce devrait être  horrible mais tout l'art de Chantal  Pelletier est de nous entraïner à un rythme effréné et avec le plus grand  naturel dans les situations les plus scabreuses , le tout assaisonné d'un humour féroce.
Nous suivons donc sourire aux lèvres la suite des aventures de notre assassin qui , signe du  destin? , rencontre un  jour une paumée  qui mange...du céléri rémoulade. Notre héros engage la  conversation et sa future cuisinière mais pas plus car pas d'affinités. Qui pourrait d'ailleurs en avoir pour cet handicapé des sentiments qui n'envisage les autres que par ce qu'ils peuvent ou non lui apporter ?
La situation se dégrade vite et ...suspense,fondu au noir et changement de narrateur , de rythme et d'ambiance. L'apprentie cuisinière prend la parole,  revient sur son passé (glauque)  et nous donne sa version des faits.  Tout s'éclaire  donc par petites touches et là est tout l'art de l'auteure, qui  en 93 pages arrive à nous faire comprendre toute l'intensité et la profondeur de personnages qui au début auraient pu passer pour de simples fantôches.  Une petite merveille !9782353060108
Tirez sur le caviste est en outre, c'est si rare qu'il faut le souligner, un magnifique objet que l'on a plaisir à tenir en main: format agréable, reliure soignée et couverture rigide agréable à caresser du plat de la main.
Les éditions La  branche ont fait un travail remarquable.
Cet ouvrage fait partie d'une collection (suite noire)  dirigée par Jen-Bernard Pouy, un gage de qualité  s'il en est.

Posté par Cathulu à 06:01:00 - romans français - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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