22/03/07
Processus inversés
Le titre du roman de Michel Luneau est explicite : Paroles d'arbre
. Et là on craint le pire: donner la parole à un arbre,
quel procédé enfantin, voire ridicule. Et pourtant pendant 208 pages,
l'auteur tient le pari et son écriture à la fois poétique et puissante
nous rend proches des préoccupations de cet arbre voué à l'immobilisme
mais dont la pensée est vive , ludique et parfois philosophique...
Dans Végétal
, d'Antoine Percheron, le processus est inversé : le narrateur humain
devient végétal. Le fantastique est pourtant ici supplanté par
l'émotion qui court tout le long de ce texte très court que l'auteur
n'a pu terminer.![]()
Atteint d'une tumeur au cerveau qui a comme
caractéristique de pousser des racines au fond du cerveau, il a donc
vécu dans sa chair ce processus qu'il évoque sans pathos, dans une
langue très âpre mais très belle. A ne pas manquer.