30 mars 2007
Par un prof, pour les profs ?
Bardée d'a priori mais néanmoins titillée par la curiosité, j'ai attendu la sortie en poche d'Entre les murs de François Bégaudeau.
Au
début,j'étais plutôt hérissée , non pas par l'oralisation
(forcément vouée à l'échec comme le reconnaît l'auteur à la fin
de son texte), mais par la brutalité des échanges
verbaux. Il aura fallu le premier "S'il te plaît" pour que je me
détende et apprécie pleinement cet ouvrage.
Séries
heurtées de
scènes croquées sur le vif aux quatre coins stratégiques de cet
établissement scolaire du XIXème arrondissement: salle de classe,
salledes profs, salle deconseils, bureau du directeur. Bégaudeau
prend le parti de nous livrer essentiellement des joutes
verbales,décrivant très peu les personnages, nous livrant parfois des
copies mais nous laissant libres de notre jugement. Il prend le parti
de la répétition (les inscriptions des tee-shirts des élèves (ou
des profs) scandent ainsi le récit) car c'est ainsi que fonctionne
la routine scolaire.
Pourtant,
mine de rien, sans nous en rendre compte, nous nous attachons à tous
ces personnages et nous prenons à regretter de ne pas
savoir ce que sont devenus Aissatou, Sandra,
Hinda, Ming et tous les autres; parce que la définition que
donne Bégaudeau du rugby peut s'appliquer à l'enseignement : "Organiser le chaos pour fabriquer de la puissance , c'est passionnant."