04/04/07
Toi même !
Depuis un petit moment, les titres et les couvertures d'Anna Rozen me faisaient de l'oeil aussi quand Vieilles peaux m'est tombé sous la main, je n'ai pas hésité !
Trois
nouvelles donc où en quelques pages, l'auteure se glisse d'abord dans
la peau d'une vieille écrivaine en mal de postérité (et de mâle aussi
tant qu'à faire);puis dans celle d'un couple où l'homme ne survivra
guère à son épouse tyrannique et enfin dans une multitude de peaux en
une valse éblouissante d'identités endossées ...
Fil conducteur donc
cette avidité de l'auteure à passer d'une histoire à une autre car "Au
bout de cinquante pages de folle envolée, les histoires que j'écris
m'embêtent. J'explose et j'impatiente (...)pour moi tout est
nourriture".
La première nouvelle ,avec la monstrueusement égoïste
Cressida Bloom, m'a permis une mise en bouche agréable mais sans
plus.Sur un thème un peu identique et traité d'une manière totalement
différente,j'avais nettement préféré Le treizième conte.
J'ai
nettement plus apprécié la virtuosité de l'auteure dans "Marthe et
Fernand" où les identités des personnages ne sont que des
leurres, leurres qui se poursuivront à travers d'autres
personnages car nos vies sont interchangeables .
Je me suis délectée
à suivre le rythme trépidant de la dernière nouvelle qui explore
avec jubilation toutes les possibilités que donne la fiction pour
l'écrivain , y compris devenir une "chaussure d'été neuve, jamais
portée".
On sent que l'auteure prend du plaisir à écrire et elle nous le fait partager, qu'elle en soit donc remerciée !
(Il ne reste plus qu'à dénicher tous les autres livres d'Anna Rozen !)