06 mai 2007
"Les livres vous suivent et vous hantent"
Les personnages peuvent s'échapper de leur roman (comme chez T.Findley);
Thursday Next, chez Fforde peut à l'inverse entrer dans un roman, voire en changer un
épisode, mais chez Dominique Schneidre et Ce qu'en dit James , ce sont les romanciers qui, dans un entre-deux non précisé, discutent avec la narratrice à grand renfort de citations.
Alice,
soixante-dix ans, a vécu dans une tel compagonnage avec les auteurs,
qu'il est pour elle tout à fait naturel de réciter un poème à
l'électricien releveur de compteur ou de chercher chez James ou
Tolstoï,une solution à ses problèmes pécuniaires.![]()
Elle observe ses
relations avec les livres par le biais de sa mémoire défaillante (mais
il ne faut pas attendre 70 ans pour oublier le contenu d'un livre ou
même le fait de l'avoir lu !) et son appartenance à l'Association pour
le Devoir de Vieillir dans la Plaisanterie est révélatrice de sa
manière d'envisager son vieillissement et sa quasi solitude. Tout la
ramène à la Littérature, "le moinde verre de vodka ouvre toute une
bibliothèque russe", elle connaît tous les problèmes des lecteurs
avides (stockage, rangement ...) et constate que "Toute activité, toute
émotion, tout événement a un double littéraire", ce qui ne peut que
nous séduire...
L'écriture est fluide et élégante. Dominique
Schneidre sait être cultivée sans être cuistre, elle l'art de la
formule (mon exemplaire est tout hérissé de bouts de papier !) et ce
livre témoigne de sa gourmandise des mots et des livres. La
deuxième partie s'essouffle un peu , faute de réelle "intrigue" mais
Alice est si charmante qu'on saura lui pardonner aussi une fin trop
abrupte.
L'avis de Lilly.
Voue en reprendrez bien une tranche ? C'est encore chez Lily !