21 mai 2007
Ceci est une déclaration d'amour *
Qu'est-ce que l'homme ? Pour répondre à cette question
essentielle, Jean-Noël Blanc y va par quatre chemins et plus : les
momies ( (récurrentes dans les différentes chroniques composant
ce petit bijou)( mais celles, bien sûr, de
Saint-Bonnet-le château)), les pâtes,les mots, les
librairies, les chats, les chiens, les vaches (dans
mes bras Jean-Noël!), les jardins et les femmes.
Si
tous ceux-ci ont
sa faveur, l'auteur voue néanmoins une haine féroce aux boulistes
auxquels il réserve de savants supplices : "Qu'on le flagelle, qu'on
l'ébouillante,qu'on le tenaille, qu'on lui inflige le knout, le chat à
neuf queues, les poucettes, la poire d'angoisse, qu'on le
pende enfin par le cou jusqu'à ce que mort s'en suive, puis qu'on lui
plonge dans la panse un couteau de cuisine, et qu'on l'étripe et le
dilacère avant de répandre aux quatre vents les restes de sa dépouille.
Les corbeaux se chargeront du nettoyage. ils accompliront une
démarche de charognards: rien ne sortira de la famille". Ecolo en
plus ! Ce brin de cruauté verbale est juste là pour relever
la grande tendresse et l'humour infatigable qui se dégagent de ce Jardin à moustaches et autres définitions de l'homme.
Nous
y apprenons par exemple que le chat possède trois noms et la
manière, toute en délicatesse, pour approcher le nom secret du
chat..., qu'"écrire est une activité de jardinier amoureux" ou bien
encore que "le métier de libraire consiste à fabriquer des rencontres
amoureuses: les libraires sont des tantes marieuses. Tous nos
voeux aux époux".
Vous l'aurez compris, j'ai adoré ces
chroniques savoureuses tout au long desquelles j'ai souri , pour le plus grand
étonnement des "patients" de la salle d'attente de l'ophtalmo où
je n'ai pas vu le temps passer. Un seul regret : je suis restée
sur ma faim la dernière page tournée... A quand un nouveau volume
de ces délicieuses chroniques ?
* Platonique, bien sûr !