18/06/07
Il est...
"Il est porté à la tendresse comme d'autres à la neurasthénie",
"Il est très beau comme un pull-over tout neuf, et pas plus
intelligent que ça", il est américain, vedette,
sculpteur, peintre en bâtiment, danseur de biguine, il est ...
Il
,un même pronom pour désigner les hommes dont Marie-Ange Guillaume se
souvient dans ce très beau livre au titre teinté de mélancolie,Ils s'en allaient faire des enfants ailleurs.
Tour
à tour tendre ,vacharde, lucide (ah ce texte où les adieux sur le quai
d'une gare de déchirants deviennent irritants du fait du retard du
train !), l'auteure qui affirme "si je compte mes amants sur mes
doigts, il me manque une bonne douzaine de mains" nous présente
certains d'entre eux dans une série de vignettes souvent très courtes,
à l'écriture précise et dense. En quelques lignes, l'amant est croqué
(dans tous les sens du terme). Mais Marie-Ange Guillaume n'est jamais
peste, elle ne se donne pas systématiquement le beau rôle et l'on
oscille constamment entre le rire et la tendresse.
On se dit qu'Il a eu bien de la chance de La rencontrer et qu'Il doit être heureux de figurer dans ce recueil.
La critique de Clarabel.